La parole aux jeunes !

Pour sa 15ème édition, le concours des Bœufs de Pâques à Baraqueville a mis la barre haute avec 400 animaux en présentation vendredi 15 et samedi 16 mars à l’espace Raymond Lacombe, exposés par 126 éleveurs de toute la région. Selon les organisateurs, la pérennité de ce rendez-vous reconnu à l’échelle nationale tient
dans la jeunesse de ses participants. Eleveurs, négociants, acheteurs, distributeurs, bouchers et présidents des syndicats de race, la nouvelle génération prend la parole !
Recueillis par Eva DZ - LA VOLONTÉ PAYSANNE - 28 FEVRIER 2013


Jean-Luc Mouysset, éleveur, participe régulièrement au concours et a fait partie du comité d’organisation au début de la manifestation en tant que président du syndicat limousin. «La présence des éleveurs naisseurs est importante sur une telle manifestation. C’est en effet la seule manifestation où l’on retrouve tous les acteurs de la filière, depuis l’éleveur jusqu’au consommateur, en passant par le boucher. La force de Baraqueville c’est que tous les maillons de la chaîne soient représentés, il en va de la crédibilité du concours. Si nous maintenons cet état d’esprit d’union, de promotion collective du savoir-faire régional à l’échelle nationale, cette manifestation a de l’avenir. Nous constatons une belle évolution dans la qualité des animaux, les éleveurs se sont perfectionnés dans l’engraissement. D’ailleurs, des contacts se sont noués à l’an- née avec des acheteurs, preuve que ce concours s’inscrit pleinement dans l’économie locale et régionale. Nous devons continuer à nous faire connaître, en particulier auprès des consommateurs. L’organisation d’un concours culinaire ouvert à tous, est une première étape». Jean-Luc Mouysset présentera cette année, une bête au concours.
Laurent St Affre, éleveur à Ols et Rhinodes, participe au concours depuis 2004. «Dans mon élevage Blonde d’Aquitaine, j’ai toujours engraissé toutes mes vaches et j’ai tout naturellement choisi d’en réserver quelques-unes pour ce concours». Cette année, Laurent présentera deux animaux qu’il a conduits comme à son habitude. «Je sélectionne des vaches qui correspondent aux attentes des acheteurs avec de très bonnes qualités bouchères et une finesse de cuir. La race s’y prête très bien avec des animaux à fort rendement carcasse. En général, j’ajoute un mois pour une meilleure finition». Laurent apprécie d’échanger avec des éleveurs qui partagent la même passion. «Le niveau s’est nettement amélioré, c’est de plus en plus difficile d’avoir des bêtes classées. Mais ce concours répond à mes attentes avec une plus value moyenne autour d’un euro/kg carcasse. Je suis fier que mes animaux puissent être valorisés à une période de fête et plus généralement que la viande française de qualité soit valorisée auprès des consommateurs. L’avenir du concours est assuré si les éleveurs veillent à fournir des animaux qui cor- respondent au marché, aux demandes des bouchers, en quantité et en qualité».
• Aline Jouin est acheteur et technicienne pour
SVA Jean Rozé sur toute la France, depuis 3 ans
et demi. Elle participe comme acheteur donc mais
aussi membre du jury au concours de Baraqueville.
 «Selon les commandes de nos Intermarché du sud de
la France, nous achetons entre 50 et 80 bêtes. Parmi
tous les concours auxquels je participe sur toute la
France, Baraqueville fait incontestablement partie
des meilleurs de par la qualité des animaux, le travail des éleveurs, les races utilisées qui correspondent bien aux attentes des acheteurs en finesse de
viande et gabarit des animaux. Je suis fière de représenter SVA Jean Rozé qui me permet d’acheter des animaux haut de gamme de l’élevage français, auprès d’éleveurs passionnés comme moi !».
• Vincent Aguerra, chef de centre de Bigard Distribution à Montauban depuis un an, participe à tous les concours régionaux d’animaux de boucherie mais Baraqueville est, à son avis, «le plus grand en nombre de bêtes et le plus impressionnant en qualité». L’entreprise, présente depuis les débuts du concours, achète en moyenne 40 animaux chaque année pour «renouer avec la tradition des Bœufs gras de Pâques et faire plaisir à ses clients en achetant des animaux de qualité supérieure». «Cette manifestation, vitrine de l’élevage régional, perdurera dans la mesure où la date du concours coïncidera avec une fête traditionnelle où l’on consomme de la viande. Tant que la qualité des animaux sera au rendez-vous, ce concours fera la différence à cette période de fête parce que nos clients sont demandeurs de qualité à ces moments- là».
Alexis Bargues, 30 ans, est installé depuis 6 ans à son compte comme négociant à Quins. Il a apporté ses premières bêtes à Baraqueville il y a 4 ans et depuis, il en présente en moyenne cinq chaque année qu’il achète dans les élevages. «Je travaille essentiellement sur l’Aveyron et le Tarn et occasionnellement sur le Tarn et Garonne et la Lozère, j’avais donc déjà entendu parler de ce concours, et puis je suis un voisin !» Alexis achète dans des élevages, des animaux gras ou à engraisser, essentiellement des vaches de réforme, des veaux gras. «Baraqueville offre une belle plus-value sur les vaches bien finies, c’est indéniablement un plus pour mon activité. J’espère que cette manifestation va durer, le fait qu’elle propose des animaux de qualité est un atout pour l’avenir. C’est aussi un rendez-vous sur lequel on peut s’appuyer toute l’année».
Benjamin Azémar, 29 ans, est salarié d’une entreprise de commerce et d’une exploitation à Luc depuis 7 ans. Auparavant producteur de jeunes bovins, il a développé l’engraissement sur l’exploitation grâce au concours de Baraqueville auquel il participe depuis 4 ans. «Nous amenons en moyenne 3 à 4 animaux au concours et nous en achetons quelques unes en fonction de notre marché. Ce concours nous a permis de lancer cette activité et de nous améliorer dans la conduite de l’engraissement. Nous prenons exemple sur les expériences des plus anciens ! Aujourd’hui, nous tirons une plus-value d’environ 1 euro/kg carcasse. Nous ne participons pas pour décrocher les premières places mais pour valoriser un peu mieux nos animaux».
Pour l’avenir, Benjamin évoque la conjoncture : «les consommateurs sont plus attentifs à la viande qu’ils mangent, notre manifestation perdurera tant que la qualité sera au rendez-vous et que le savoir-faire des éleveurs sera valorisé auprès des consommateurs via nos clients bouchers».
Olivier Maruéjouls, président du syndicat Charolais de l’Aveyron : «A travers la finition des animaux de boucherie et de réforme, le concours de Baraqueville a permis de conforter l’installation des jeunes qui ont créé des ateliers d’engraissement et leur démontre aussi qu’ils produisent des animaux de haute valeur bouchère. Les éleveurs Charolais montrent leur savoir-faire et le font savoir en proposant chaque année, une belle présentation d’animaux. Parallèlement notre syndicat est partenaire du concours : notre implication montre que nous sommes des acteurs du territoire, que nous voulons porter haut et loin les couleurs de la viande de qualité de notre terroir. Baraqueville a de l’avenir si la manifestation sait évoluer dans le temps, en se greffant par exemple à d’autres animations locales, agricoles ou non, parce qu’elle permet de vendre certes des animaux sur pied mais aussi tout un terroir et un territoire. L’organi- sation d’un concours culinaire cette année marque une nouvelle ouverture vers le consommateur. L’avenir doit se construire autour de nouveaux partenariats et tous ensemble nous serons gagnants !».
Philippe Malaval, président du syndicat département limousin, partenaire du concours de Baraqueville depuis la première édition. «Chaque année, une centaine d’animaux de race limousine participent au concours et nous apportons également une aide technique pendant les deux jours aux organisateurs. Ce concours permet de présenter des animaux typés viande, bien conformés, très bien finis où la limousine peut montrer ses multiples facettes. Nous ne produisons en effet, pas que des animaux maigres, nos éleveurs expriment aussi leur savoir-faire dans l’engraissement. De plus, les ventes apportent une plus-value dans nos élevages. Et c’est aussi un rendez-vous convivial, d’échanges entre éleveurs et avec tous les acteurs de la filière».
«En tant que première race du département, nous espérons que la limousine sera toujours représentée à Baraqueville, cela permet d’améliorer nos ventes juste avant les fêtes de Pâques. C’est aussi l’occasion de montrer qu’en Aveyron, nous ne sommes pas spécialisés dans le maigre puisque nos éleveurs démontrent, à Baraqueville notam- ment, qu’ils ont un vrai savoir-faire dans l’engraissement, qu’ils contribuent à l’économie locale et à défendre la viande de qualité».


Les organisateurs du concours ont une pensée amicale pour Yves Alcouffe, président du syndicat Blonde d’Aquitaine de l’Aveyron, touché par des problèmes de santé.


Fabrice Delnaud, directeur depuis 2008 de l’Intermarché de Baraqueville :
«Notre partenariat, via SVA Jean Rozé, avec ce concours est historique. Mon père, Philippe a toujours mené une politique de partenariat avec les producteurs locaux et ça continue ! Il nous semble en effet important de soutenir les éleveurs du coin en achetant des animaux exceptionnels pour faire plaisir à nos clients sinon que trouvera-t-on dans nos assiettes ? Nous voulons montrer à nos clients que nos rayons traditionnels de boucherie peuvent proposer de la viande de qualité, produite localement à un prix abordable. Nous travaillons en effet des bêtes en carcasse et nous essayons de conseiller du mieux possible, avec des professionnels formés, les consommateurs comme dans une boucherie artisanale. Nous croyons en la filière française et en la viande de qualité aveyronnaise. C’est pourquoi il nous paraît normal de faire un effort supplémentaire en participant dans la mesure de nos moyens à la vente aux enchères puis à la vente générale dans l’objectif de permettre à tous les maillons de la filière de vivre de leur métier. Nous voulons être un allié. Pour que ce concours perdure, tous les acteurs doivent se sentir concernés».
Lucas Azémar, jeune diplômé en boucherie, est responsable du syndicat des jeunes bouchers aveyronnais avec Benoît Ginisty. «Depuis plusieurs années, notre syndicat propose des animations à Baraqueville pour expliquer notre lien avec les agriculteurs, parce qu’il n’y a pas de boucher sans de bonnes bêtes et il n’y a pas de bonnes bêtes sans éleveur ! C’est important de montrer la relation entre tous les maillons de la filière. Cette année nous préparerons, le vendredi matin après l’arrivée des animaux, un déjeuner aux tripoux en partenariat avec les producteurs et artisans locaux, un vrai tra- vail d’équipe ! Puis nous accueillerons un meilleur ouvrier de France qui fera la démonstration de son talent sur un globe de bœuf. Des apprentis bouchers du CFA de la Chambre de métiers seront invités à y assister et à échanger avec les éleveurs sur les caractéristiques des animaux et de l’engraissement. Vendredi et samedi, nous ferons aussi déguster de la viande grillée à la plancha aux visiteurs. Et pour assurer le lien avec les consommateurs, nous avons renouvelé notre concours dans les boucheries artisanales. Nous sommes là aussi pour promouvoir le métier de boucher : montrer que nous sommes dynamiques. Ainsi, depuis la création de notre association, en 2007, le nombre d’apprentis a progressé, des jeunes s’installent et nos entreprises recherchent des ouvriers, tout cela grâce à nos opérations de communication !».

 

 

 

02_regard_vache.jpg